
Road trip moto de 3 jours au départ de Grenoble : 761 kilomètres en boucle jusqu'en Italie et retour, sans un mètre de péage. Le Valbonnais et les cols de Parquetout et du Noyer, le Champsaur et le balcon du lac de Serre-Ponçon avant la cité Vauban de Briançon ; l'Izoard et la Casse Déserte au petit matin, le col Agnel à 2 744 m, deuxième plus haut col routier de France, puis le Val Chisone, le fort de Fenestrelle et Sestrière ; retour en France par le Mont-Cenis et la Croix de Fer. Deux passages de frontière, tous les deux par un col.
Cet itinéraire n'a pas été dessiné sur une carte : nous l'avons roulé début août 2026, Xavier Maumon, responsable de l'agence de Grenoble et motard confirmé, et son frère Luc, motard occasionnel qui sort la moto quelques week-ends par an. Deux niveaux, deux rythmes, la même boucle : c'est précisément ce qui nous a décidés à la publier. Si vous enchaînez les cols toute l'année, vous y trouverez l'Izoard au réveil et le versant italien du col Agnel. Si vous roulez trois fois dans l'année, vous verrez qu'aucune journée ne dépasse cinq heures et demie de selle, que les étapes sont courtes et que les cols se montent à son rythme. Les distances, les durées et les heures de passage de cette page sont relevées au GPS : ce sont les nôtres.
Tracé réel, relevé au GPS du 2 au 4 août 2026 : 733 kilomètres mesurés sur la trace et 13 h 46 de roulage hors arrêts et hors liaisons depuis l'agence, 16 670 mètres de dénivelé positif. Nous avons rejoint la trace à Notre-Dame-de-Mésage et coupé à Gières au retour : depuis l'agence de La Tronche, la boucle complète fait 761 km et 14 h 17 de roulage (21,0 km à l'aller depuis La Tronche, 7,1 km au retour). Les heures indiquées dans les étapes sont nos heures de passage réelles. Fond de carte © IGN · Géoplateforme. Praticable de mi-juin à fin octobre : le col Agnel est le dernier à ouvrir (souvent fin juin) et plusieurs cols sont réservés aux cyclistes certaines matinées d'été : regardez les créneaux avant de partir.
La sortie de Grenoble file plein sud par Vizille et la rampe de Laffrey, puis s'enfonce dans la Matheysine et le Valbonnais par le col de Parquetout (1 382 m), une petite route de montagne étroite et déserte. Après le barrage du Sautet, le col du Noyer (1 664 m) fait basculer dans le Champsaur, avant le col de Moissière (1 573 m), le balcon du lac de Serre-Ponçon et Embrun. La remontée de la Durance jusqu'à Briançon se fait par la rive droite, loin de la nationale.
Le col d'Izoard (2 361 m) au petit matin, puis la Casse Déserte et ses cheminées de pierre. Le col Agnel suit à 2 744 mètres : deuxième plus haut col routier de France derrière l'Iseran, troisième des Alpes derrière l'Iseran et le Stelvio, et surtout le plus haut passage frontalier entre la France et l'Italie. La descente sur le Val Varaita ouvre le Piémont, avant le Val Chisone, le fort de Fenestrelle et Sestriere. Bâti par la maison de Savoie entre 1728 et 1850, Fenestrelle est la plus vaste fortification alpine d'Europe : 130 hectares, plus de trois kilomètres de murailles épousant 635 mètres de dénivelé, et un escalier couvert de près de 4 000 marches qui relie la vallée au sommet de l'ouvrage. On le longe sur plusieurs kilomètres depuis la route.
Le col du Mont-Cenis (2 083 m) et son lac de barrage ramènent en France par la Haute-Maurienne. La descente jusqu'à Saint-Jean-de-Maurienne précède la dernière montée du voyage, le col de la Croix de Fer (2 067 m), puis le retour sur Grenoble par Allemond et Uriage. Deux passages de frontière, tous les deux par un col, et pas un mètre de péage.
Nous avons roulé cet itinéraire sur deux motos de notre flotte de location moto à Grenoble : une Suzuki GSX-8S et une Triumph Tiger Sport 660. Trois jours, 761 kilomètres, des cols jusqu'à 2 744 mètres, deux frontières, de la pluie à Sestrière et de la chaleur dans la Durance. Voilà ce que ces deux machines ont dans le ventre sur un voyage de ce genre, ce qu'on a aimé, ce qui nous a agacés, et ce que ça change pour vous quand vous choisissez laquelle réserver.

Bicylindre en ligne de 776 cm³, 83 ch et 78 Nm, 202 kg tous pleins faits, selle à 810 mm, réservoir de 14 litres. Sur la route, l'essentiel se joue entre 4 000 et 8 000 tours : c'est plein, rond, et ça relance en troisième dans une épingle sans rétrograder. La partie-cycle est le vrai point fort, avec un train avant précis, une fourche de qualité et un freinage Nissin à étriers radiaux qui ne bronche pas après vingt kilomètres de descente d'Izoard. Le shifter électronique dans les deux sens fait gagner en confort sur les enchaînements.
Ce qu'elle donne quand la route se met à tourner : le freinage encaisse une descente d'Izoard complète sans faiblir ni durcir à la poignée, et le train avant reste précis même quand le revêtement se dégrade en fin de col. Le moteur ne cherche pas les hauts régimes : il travaille au couple, ce qui repose sur une longue journée et rend la moto facile dès les premiers kilomètres. Consommation relevée : 4,5 l/100 km en roulant cool. Sur le papier, les 14 litres donnent 310 kilomètres, mais on ne roule pas jusqu'à la panne : en gardant une réserve de 80 à 90 kilomètres, l'autonomie réellement utilisable est de 220 kilomètres. En attaquant, retirez-en encore.
Bon à savoir avant de partir avec : avec 14 litres, on s'arrête plus souvent que sur la Tiger — pensez à faire le plein dans la vallée avant d'attaquer un col, les stations se raréfient au-dessus de 1 500 mètres. Côté bagages, un sac de selle souple a suffi pour nos trois jours en solo. Permis A obligatoire, et notre assureur la réserve aux 25 ans et plus titulaires du permis depuis au moins deux ans : à vérifier avant de réserver.

Trois-cylindres de 660 cm³ en version A2, 47,5 ch et 59 Nm, 206 kg tous pleins faits, selle à 835 mm, réservoir de 17,2 litres, top-case monté sur notre exemplaire. Le trois-pattes travaille au couple, bas et au milieu : on avance à la poignée de gaz, sans jamais avoir besoin d'aller chercher les tours. C'est exactement ce qu'il faut sur une route de col, où l'on passe son temps entre 3 000 et 6 000 tours. Et c'est celle qui fatigue le moins sur ce parcours : suspensions souples, selle large, et une bulle qui protège vraiment, ce qui change tout après huit heures de selle et deux averses.
Trois jours plus tard, ce qu'on en garde : c'est la moto sur laquelle on arrive le soir sans être rincé. La bulle fait son travail, y compris sous l'averse de Sestrière, et les suspensions avalent les chaussées défoncées des petites routes de vallée. Elle a ce truc rare : plus la journée est longue, plus on l'apprécie. On enchaîne les cols au couple, sans forcer, et on garde de l'énergie pour regarder le paysage. Consommation relevée : environ 4 l/100 km. Les 17,2 litres promettent 430 kilomètres, mais avec la même réserve de 80 à 90 kilomètres on retient 340 kilomètres utilisables : cela fait quand même une bonne centaine de kilomètres de plus que la Suzuki entre deux stations.
La révélation de ce road trip : bridée A2, cette Tiger n'a rien d'une moto de débutant qu'on tolère. Un motard qui a des dizaines de milliers de kilomètres derrière lui y a pris du plaisir d'un bout à l'autre, en solo : elle grimpe l'Izoard sans jamais se plaindre, se laisse mener au pas dans un village italien, puis reprend son rythme de croisière sur la nationale sans jamais donner l'impression de manquer d'air. Polyvalente, au sens le plus littéral du terme. À deux et chargée, elle montre le bout de ses limites, surtout avec deux gabarits imposants à bord : dans ce cas, on conseille la 800.
Un détail à connaître avant de partir : au-delà du 45 de pointure, le talon vient toucher la béquille latérale ou le repose-pied passager en roulant, quand on cale le pied sur le repose-pied. À l'arrêt ça ne pose aucun problème ; c'est en conduisant que le contact surprend, sur les premiers kilomètres. On s'y habitue, mais autant le savoir avant de partir.
| Critère | Suzuki GSX-8S | Triumph Tiger Sport 660 |
|---|---|---|
| Moteur | 2 cylindres, 776 cm³ | 3 cylindres, 660 cm³ |
| Puissance / couple | 83 ch · 78 Nm | 47,5 ch · 59 Nm (version A2) |
| Poids tous pleins faits | 202 kg | 206 kg |
| Hauteur de selle | 810 mm | 835 mm |
| Réservoir | 14 l | 17,2 l |
| Consommation relevée par nous | 4,5 l/100 km | ≈ 4 l/100 km |
| Autonomie utilisableréserve de 80 à 90 km gardée | environ 220 km | environ 340 km |
| Bagagerie | sac souple à prévoir | top-case monté |
| Permis | A · 25 ans et 2 ans de permis | A ou A2 (bridée 47,5 ch) |
| Terrain de jeu idéal | cols et petites routes sinueuses | tout, en solo : la plus polyvalente |
En résumé : la GSX-8S pour le plaisir pur dans les lacets de l'Izoard et du col Agnel, la Tiger Sport 660 pour enchaîner les 761 kilomètres sans y penser, protégé, avec les bagages et même un permis A2. Les deux passent partout sur cet itinéraire, sans exception.
Cet itinéraire, nous l'avons roulé nous-mêmes du 2 au 4 août 2026, sur deux motos de la flotte : Xavier, qui roule toute l'année, et Luc, qui sort la moto quelques week-ends par an. L'idée nous trottait dans la tête depuis longtemps : la Casse Déserte au petit matin, le col Agnel et l'Italie derrière, le Mont-Cenis pour rentrer. Nous avons été heureux de la faire, enfin, et en entier.
Trois jours, ce n'est presque rien à l'échelle d'une année. C'est beaucoup quand on les passe comme ceux-là : le téléphone au fond de la poche, la route qui occupe toute la place, et le soir on refait la journée au lieu de parler travail. Il faut savoir s'échapper, et surtout s'en donner la permission : personne ne le fera à notre place. Ce sont des moments précieux, et ils ne coûtent que trois jours.
Chaque distance, chaque durée et chaque heure de passage de cette page vient de nos propres traces GPS. Si elle vous donne envie de partir, la moto, on s'en occupe.
Réserver ma moto pour ce road trip →Deux nuits, deux hôtels qui acceptent les motos à l'abri. C'est le critère numéro un sur un voyage de trois jours : on arrive chargé, on repart tôt, et on n'a pas envie de laisser la moto et les bagages dehors.

Trois cheminées Logis, 4 rue Centrale, 04 92 21 10 37. L'établissement annonce un garage fermé à clé et un parking privé, l'un et l'autre payants : réservez le garage en même temps que la chambre, il part vite en été. La cité Vauban est accessible à pied, ce qui permet de laisser la moto au garage dès l'arrivée et de monter dîner dans la ville haute.



C'est la vraie découverte du voyage. À Suse, l'Hotel Napoleon (via Mazzini 44, +39 0122 622855) ne se contente pas de tolérer les motos : l'hôtel est construit autour d'elles. On entre la moto à l'intérieur du bâtiment, sur le parquet, dans un garage fermé sous vidéosurveillance que la maison appelle sans rire une suite pour motos. Le hall affiche le mot-dièse #motohotelnapoleon peint au mur, deux motos de compétition sont exposées dans le salon, la cage d'escalier est tapissée de photos de course en noir et blanc, et un vélo de route est accroché au mur du couloir pour les cyclistes de passage.






Côté services, l'hôtel donne des informations sur les routes et les cols de la région et propose six itinéraires moto détaillés, plus des parcours VTT, gravel et vélo électrique. Petit-déjeuner et wifi inclus, bar, salle de fitness Technogym, bouilloire en chambre. L'hébergement va de la chambre double classique à des appartements autonomes. Un parking public extérieur et un garage voiture payant complètent le garage moto.
Pour ce road trip, c'est l'étape idéale : Suse est à trente kilomètres du Mont-Cenis, on démarre la troisième journée par la montée du col avec une moto sèche et des bagages restés en place.
Oui. L'Italie figure parmi les pays autorisés par nos conditions générales de location, avec l'Espagne, la Suisse, l'Allemagne, le Benelux, le Portugal, Andorre et Monaco. Indiquez votre kilométrage prévu au moment de la réservation, le forfait s'ajuste tout seul ; la carte verte d'assurance du véhicule vous est remise avec les clés.
Non. À 2 744 mètres, il est le deuxième plus haut col routier de France derrière le col de l'Iseran (2 770 m) et le troisième des Alpes, derrière l'Iseran et le Stelvio (2 757 m). C'est en revanche le plus haut point de passage routier entre la France et l'Italie.
Globalement de la mi-juin à la fin octobre. Le col Agnel est le plus tardif, il ouvre souvent fin juin ; l'Izoard et le Mont-Cenis ouvrent généralement fin mai ou début juin.
Les journées font 274, 278 et 209 km, soit de 3 h 42 à 5 h 32 de roulage selon la journée. C'est un rythme soutenu mais tenable, à condition de partir tôt, surtout la deuxième journée qui enchaîne l'Izoard et le col Agnel.
Nos Triumph et BMW (permis A2 et A) sont préparées, assurées et entretenues. Réservez en ligne, départ 24h/24 en libre-service à Grenoble.